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Patrick MILHET passe à table…


Le sorcier de notre équipe, formé par Harry Potter lui-même, est passé à table pour répondre à nos questions, sans langue de bois, avant notre premier match dans ce nouveau championnat. Un grand merci à lui pour sa disponibilité et sa gentillesse…

(Faut dire aussi que je ne l’ai pas trop asticoté car j’avais une pile de contraventions à faire sauter !!!)

-Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Maintenant les gens me connaissent un peu car c’est ma huitième année professionnelle. J’ai débuté comme préparateur physique avec Philippe Berbizier et Philippe Bérot pendant un an, ensuite pendant cinq ans j’étais avec Marc Dalmaso et Stéphane Prosper, puis une année avec Marc Dantin et Stéphane Prosper. Et maintenant commence une nouvelle ère avec Christophe Laussucq, Scott Murray, Yannick Agrech et bien sûr, toutes ces années avec Raphaël Steyer.

-Quel bilan fais-tu par rapport à notre saison en Top14 ?

Personnellement un bilan négatif puisque deux victoires sur l’ensemble des matchs, c’est insuffisant. Tout le monde pense qu’on aurait pu gagner des matchs parce qu’on est souvent passé près et on a frôlé l’exploit sur certains, mais moi, je dirais que non, que notre place est en ProD2. On n’a pas l’effectif pour jouer en Top14, simplement parce qu’à l’heure de jeu, les équipes faisaient rentrer leurs cadres, accéléraient le jeu et nous, nous entamions nos matchs à 200%.

-Ton expérience en tant qu’ancien militaire constitue-t-elle un atout dans ton approche professionnelle actuelle ?

Oui, par rapport à ma carrière de gendarme, j’étais chef d’équipe d’intervention et forcément, gérer une équipe de rugby, c’est avant tout une aventure humaine, c’est amener de la rigueur, mettre des limites à ne pas franchir et être respectueux.

-Ancien gendarme, tu t’occupes de nos joueurs parce que tu es habitué aux délinquants ?

Je pense que nos joueurs peuvent avoir beaucoup de défauts, mais ne sont pas des délinquants. Mais on peut quand même leur mettre tous les défauts…

-Peux-tu nous parler de l’évolution physique actuelle (générale, pas seulement celle des montois) des joueurs de rugby, la musculation à outrance que l’on constate ne se fait-elle pas au dépens d’autres qualités (vitesse, souplesse ou autres) ?

C’est vrai que quand on regarde un rugbyman sur la plage, on a l’impression que c’est plus un culturiste qu’un rugbyman. Maintenant, pour équilibrer tout ça, il faut faire attention que la préparation physique ne prenne pas le dessus sur la partie rugby, le terrain. A Mont de Marsan on s’attache à avoir dans les contenus hebdomadaires, plus de rugby que de prépa physique. Maintenant, c’est vrai que les joueurs de l’hémisphère sud ont amené un paraitre sur le corps qui n’est pas forcément une bonne chose, parce qu’on est avant tout des rugbymen et pas des culturistes.

-Quels sont les exercices spécifiques pour entrainer l’équipe ? La marelle et saute mouton ?

On peut jouer aussi à cache-cache, si tu ne me trouves pas je suis dans l’armoire et d’autres jeux encore mais, chut, c’est secret !

-Quel est le programme hebdomadaire de travail et peux-tu nous faire découvrir son contenu ?

Je vais vous parler de la semaine de La Rochelle :

Lundi matin une heure consacrée à la musculation. L’après-midi, vidéo et entrainement rugby par groupes, ainsi que réhatlétisation pour les blessés. . Mardi consacré qu’au rugby, donc plus de collectif de lignes. Mercredi, journée complète avec muscu et rugby collectif ainsi que réhatlétisation pour les blessés. Jeudi, c’est notre journée de repos puisque nous jouons Dimanche, mais musculation obligatoire pour les blessés et facultative pour les autres. Vendredi idem à la journée de mercredi. Samedi, simplement la mise en place du Capitaine et physique obligatoire pour le « hors groupe ».

-En fonction de quels critères individualises-tu la préparation de nos joueurs ?

Déjà par rapport au corps médical car tous nos joueurs passent par Didier Philipponeau, notre ostéopathe qui a de grosses compétences. Il détecte les points faibles des joueurs et à partir de là, j’axe un travail sur ces points faibles, soit pour rééquilibrer un coté par rapport à l’autre soit si un muscle est plus fort qu’un autre, j’emmène un équilibrage.

-Quid de la créatine (ou autre produit) dont on a beaucoup parlé il y a quelques années ? Ces substances sont-elles toujours utilisées ?

Il y a effectivement beaucoup de produits que les joueurs peuvent trouver assez facilement sur internet. Moi, personnellement, je travaille avec le laboratoire Nutergia qui ne propose que des produits bio. Même si ça ne leur fait pas du bien, au moins, ça ne leur fait pas de mal. On parle d’un label Wall-protect, mais pour moi, ce n’est pas suffisant, il faut voir tous les conservateurs et autres additifs qui composent tous ces produits. Car à court terme, ils peuvent faire du bien, mais à plus long terme ils peuvent déclencher des cancers et des maladies incurables parce que tous ces produits passent par les intestins et le foie, donc je suis anti-produit et je ne fonctionne qu’avec des produits bios.

-Existe-t-il des différences dans la préparation physique hivernale par rapport à celle des beaux jours ?

Tout est dans la planification. Une grosse partie de notre championnat se passe en hiver, les appuis ne sont pas du tout les mêmes, donc faire du physique à l’extérieur est très compliqué et on n’a pas de synthétique ou de gros gymnase. L’été on travaille le bas de la pyramide, les fondations et à partir de là, on va axer sur la puissance.

-Penses-tu que les nations de l’hémisphère nord et celles du sud utilisent des méthodes de préparation similaires ?

On n’a pas du tout le même championnat car on a le double de matchs, eux n’ont qu’une quinzaine de matchs. Donc leur préparation, ne serait-ce que physique est basée sur le lactique et tous les contenus d’entrainements rugbystiques sont chronométrés sur les temps de travail.

-Ton rôle est d’améliorer le physique de nos joueurs, tu es donc une sorte d’esthéticienne ?

Oui, c’est ça, je suis sur la psychologie, la psychiatrie et également sur l’esthétique du joueur.

-Quelles sont les forces et les faiblesses de notre équipe cette année ?

Je dirais que la force, c’est d’avoir conservé un maximum de nos cadres et de nos joueurs qui ont vécu la mauvaise année en Top14. C’est donc une bonne chose de conserver le groupe. J’attends qu’on soit confrontés à des matchs plus intensifs et rugueux pour voir les points faibles. Ça permettra aussi de voir si le recrutement a été bon car ceux qui intègrent le stade doivent emmener de la plus value. S’ils viennent simplement pour se mettre au niveau du groupe, ce n’est pas suffisant, ils doivent emmener une grosse plus value et j’espère que ce sera aussi un point fort de notre équipe.

– Comment as-tu trouvé les nouveaux arrivants sur le plan physique ?

Ils sont bien sur le plan physique, mais j’ai une méthode qui est différente des autres. Un joueur qui arrive de l’extérieur, c’est toujours la deuxième année qu’il est le plus performant.

-La préparation physique est hyper importante. Par rapport au championnat TOP 14, des modifs ont-elles été apportées pour concourir en PRO D2 et si oui, lesquelles ?

Après réunion du staff, on a ciblé d’être bien dès le début du championnat et d’être au point physiquement dès ces deux premiers matchs. Par rapport à ce que j’ai vu des matchs amicaux, on monte en puissance. Maintenant, il faut aussi que les coachs s’approprient le groupe. C’est toujours difficile de vivre une descente et d’être au point immédiatement. Le Racing-Metro en est l’exemple, potentiellement, ils peuvent être en haut du Top14, pourtant ils sont passés près de la correctionnelle face à Brive et ont pris une fessée à Mayol.

-Comment se passe la gestion physique de l’équipe sur un championnat aussi long que celui de ProD2 ?

Il est long, mais il y a moyen de rebondir par rapport au Top14 car en ProD2, c’est des blocs de 4-5 matchs et un week-end de récupération. Donc on peut faire tourner l’effectif et se fixer des objectifs, alors qu’en Top14, c’est un enchainement de matchs. Même si en challenge Européen, le centre de formation a participé, il y a quand même des joueurs cadres qui ont joué, donc pas de récupération sur l’année de Top14.

-Perçois-tu des changements cette année au niveau du staff dans la manière d’appréhender et de diriger les entraînements ?

Chaque staff est différent et heureusement, mais je dirais déjà que les entrainements sont beaucoup plus intensifs.

-Quelle leçon tires-tu de nos matchs de préparation ? Faut-il être inquiet ?

Personnellement je ne suis pas inquiet, mais effectivement, pour nos trois matchs de préparation, on a joué ce qui se fait de mieux dans les équipes qui se battent pour le maintien. Dax qui a été dans la difficulté l’an dernier, on sent que Richard a emmené sa patte et on l’a bien ressenti sur ce match. Pour les deux autres, ce sont des équipes qui vont certainement être en difficulté, mais elles nous ont mis aussi en difficulté. Maintenant, il faut aussi être objectif, on n’a pas tapé les pénalités, le but d’un match de préparation, c’est de mettre en place notre nouveau projet de jeu. Je serais inquiet, plus par le résultat car je suis aussi un compétiteur, mais je ne suis pas inquiet sur le projet de jeu.

On entend souvent l’équipe dire : « on vit bien ! », pourquoi ne changent-ils pas par « on gagne bien » ?

Je ne supporte pas quand on dit « on vit bien ». Pour moi, on vit bien à partir du moment où l’on gagne. Dans un sport collectif, quand on gère un groupe d’humain, pour qu’il vive bien, c’est avant tout la gagne. Quand on gagne, il y a des choses qu’on oublie et je le redis, pour qu’un groupe vive bien, il faut gagner, c’est primordial !

-Un écran géant est installé au stade, c’est pour regarder Derrick au cas où on s’ennuierait ?

Cet écran, ça va permettre de mettre aussi un peu la pression aux arbitres et les supporters auront aussi un grand rôle à jouer quand il y aura les ralentis parce que les arbitres sont aussi influencés par le public. Il y a des stades comme Oyonnax, ou même Carcassonne où les supporters sont à fond derrière leur équipe et l’arbitre forcément, les entend. Donc, c’est très important de refaire passer des séquences et montrer que l’arbitre s’est trompé…

-Premier match un dimanche, c’est payé double ?

On va faire en sorte de se payer double, mais en points, pas en €uros !

-On dit jamais deux sans trois, quand-est ce que nous gagnerons notre 3ème match de Top14 ?

Tant pis si on ne gagne pas notre troisième match en Top14, mais j’ai resigné trois ans et comme on dit jamais deux sans trois, j’espère vivre une montée avec ce staff.

~Que penses-tu du site/forum des supporters (SMS) ?

C’est un bon site, franchement, on voit qu’il y a un gros investissement, il est clair. Je mettrais quand même un coup de gueule car j’ai eu des échos par rapport à ce qu’il se passe aujourd’hui où certains attaquent personnellement les joueurs. Je trouve ça un peu dommage par rapport à ce qu’il s’est passé ce week-end… Il faut que ce soit constructif pour tout le monde, mais qu’il n’y ait surtout pas d’attaque personnelle sur les joueurs. Ça n’empêche pas de donner son avis quand ça va, mais quand ça ne va pas, aussi !

Questions préparées par Alinfilou, Bourdon, Jaune et Noir.

 

1 commentaire

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  • regaert

    super interview, je suis tout a fait d’accord avec Mr Patrick Millet, certain supporter devrai se calmer avant de critiquer certains joueur, juger est normale mais insulter quand on est en haut de la tribune couvertes c’est franchement minable et pas digne de notre équipe.